La recette de l'été du Martinet de Marie-Thé

La recette de l’été du Martinet de Marie-Thé

Attention, comme pour tout oiseau protégé, adressez-vous avant tout au centre de soins et réhabilitation faune sauvage le plus près de chez vous.
Nous présentons ici une manière -pour nous- très efficace de prendre soin d’un martinet tout juste recueilli...

Plus de 300 martinets noirs accueillis durant l’été 2015... et déjà en ce début de mois de juillet 2016, plus d’une centaine de petits orphelins à nourrir.
Ci-dessous, voici le fichier Pdf à télécharger, résumant toutes les informations pour soigner et nourrir un jeune martinet noir.

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Marie-Thé est une super bénévole de l’Hôpital pour la Faune Sauvage Cévennes Garrigues de Ganges, bénévole "dédiée aux soins aux bébés martinets" : après une expérience d’élevage en 2009 avec des vers de farine, depuis 2010, après discussions et échanges entre de nombreux autres responsables et experts en martinets, Marie-Thé a testé pour vous la "recette" sans vers de farine.

Vous l’avez compris, nous ne les mangeons pas, mais on fait tout pour qu’ils mangent vite et bien afin de repartir avec leurs groupes aériens au plus vite.

Outre le coût bien moindre, les résultats sont très convaincants ; les jeunes martinets grandissent très vite, sans aucun problème avec un rythme de nourrissage divisé par deux, de super plumes et crottes.

Certains nourrissent aux croquettes trempées, d’autres aux grillons, d’autres encore aux asticots de pêche.

Ce 4 juillet 2016, à plus de 120 martinets en nourrissage 4 fois par jour, cette alimentation nous et leur va bien en terme de coût, qualité etc.
Si nous sommes toujours et encore à l’affût d’amélioration à venir, d’échange d’expérience, c’est pour nous à ce jour une valeur sûre.

ILS SE SONT ENVOLES...
Le 4 juillet 2010, à Brissac, 14 H 30, trois jeunes martinets noirs (Apus apus) ont repris les airs après près de 15 jours de soins et de nourrissage.

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trois martinets avant envol
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les 2 avant relâcher (et marie thé plutôt inquiète...)
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Martinets, volent !...
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Martinet au vol...

Mais avant tout chose, allez sur le site de la Hulotte. Il y a eu longtemps tout ! Vous pourrez commender les deux n° spéciaux dédiés aux martinets.
Et ici voici les données nécessaires pour ne pas faire trop d’erreurs.

JEUNE ou ADULTE ?

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jeune adultes martinet
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taille ailes du martinet adulte
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adulte ou jeune

DANS QUOI LE METTRE ?

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boîte à martinets

QUEL ÂGE A T IL ? JUSQUÀ QUAND LE NOURRIR ?

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âge martinets en croissance
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courbe croissance martinets

Avec cela, comme nous, vous en saurez déjà beaucoup... et vous allez pouvoir agir sans casser les becs et surtout leur donner au plus vite toute l’énergie nécessaire et la bonne alimentation pour qu’ils rejoignent leur vraie patrie : le ciel !


Arrivés autour du 20 juin, l’un de St Bauzille de Putois, les deux autres de Sauve, sortis trop tôt du nid... emplumés certes, en forme, mais 24 g et les ailes ne dépassant pas les rectrices de la queue.

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le petit de Saint Bauzille avant le départ !
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doc vogelwarte (suisse) martinet

Le problème est connu : mais que faire pour les aider ?
Comment rejoindre au plus vite sa tribu du haut du ciel qui ne passe chez nous que les trois ou quatre mois d’été, et repart fin juillet déjà direction le sud de l’Afrique ?
Comment donner une chance de revoler à ces jeunes intrépides ?


Après des essais répétés les années précédentes aux "vers de farine", recette de nourrissage qui marche mais qui demande et beaucoup de temps et beaucoup de vers... donc d’argent...
2010 fut la rationalisation avec une efficacité réelle, car sur les trois jeunes martinets, l’un n’était pas très en forme à son arrivée et a pu en très peu de temps retrouver très vite un optimum qui lui a permis ce midi de s’envoler avec les siens.



La recette de Marie-Thé :

Conditions de vie :
L’idéal est de les mettre dans une boîte en cartons avec de grands trous d’aération (ils vivent sous les toits) - Du papier absorbant au fond, à changer après chaque nourrissage - Les oiseaux peuvent être mis ensemble une fois au même niveau de développement - Notre amie Micheline de Belgique a même construit une cage avec un fin grillage sur deux côtés pour leur permettre de grimper s’ils le veulent, lorsqu’ils sont prêts de l’envol -

Enfin, lors de présence avérée de parasites externes (type mouche plate ou tique, une fois (et seulement) le poussin remis en forme et en appétit, ne pas hésiter à demander à un vétérinaire une goutte d’ivermectine à poser sur la peau de l’aile, par oiseau.


Nourrissage :

Préparer chaque jour et par martinet :
15 grammes de viande hachée maigre (5 % maxi, ou moins encore de gras)

+ 2 grosses pincées de Baby Bird® ou de Pâtée Insectivore®
(à acheter en animalerie)

+ 1 petite pincée ("comme on sale") de minéraux type Sofcanis® -vétérinaire- ou Ossopan® -pharmacie humaine- en écraser 2 ou 3 comprimés

+ 1 goutte de Tonivit® ou de Vitaforce® (vitamines vétérinaires)

Ce mélange est à malaxer et à conserver au frais toute la journée.
Congeler les autres boulettes ainsi prêtes à l’emploi, jour après jour.

Ces 15 grammes seront à donner sur 24 H par martinet, en 5 à 6 petites boulettes de la taille d’un pois chiche à chaque nourrissage, et que vous réchauffez dans vos mains avant de nourrir les oiseaux.

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les boulettes du mélange avant nourrissage

Prendre l’oiseau en mains et avec l’ongle ouvrir le bec (attention la partie inférieure du bec est plus fragile -> préférer de soulever la partie supérieure)
et faire avaler en la poussant du doigt boulette après boulette (environ 5 à 6), les humidifiant ou faisant boire comme indiqué dans le document la Hulotte cité plus haut.

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les bons gestes de "Tante Hulotte" pour nourrir un martinet

Puis, le reposer tranquille et le laisser digérer dans sa boîte carton.

Ce régime est très équilibré et permet de le nourrir de 8 H du matin à 8 H du soir, environ toutes les 3 heures.
Veillez à ne pas salir la tête de l’oiseau après nourrissage, afin de laisser yeux et oreilles bien dégagés.


Peser régulièrement l’oiseau : il ne pourra s’envoler que lorsqu’il fera entre 40 et 45 grammes (pas plus !) et surtout que toutes ses ailes auront bien poussé (elles doivent dépasser d’1,5 à 2 cm de la queue).


Le relâché du martinet : ou le "lancer" du martinet !

Faire des essais au vol en salle, avant chaque nourrissage, les jours précédents le grand vol. L’oiseau doit se muscler chaque jour un peu plus (sans abîmer les plumes ni les pattes...) et réagir très vite en battant de mieux en mieux les ailes.

Choisir un jour chaud, très chaud et l’heure la plus chaude de la journée - Un lieu "porteur" en pente et lancer face à la brise de chaleur, face au vent s’il y a.
Prévoir du dégagé en bout de piste d’envol, si loupage et oiseau à récupérer.
Lui faire ses "au-revoirs" (manière convenue de se quitter pour toujours...)

Et à la manière de Gérard Gory, le "père" des martinets français..., le lancer comme une pierre très vite et le plus haut possible : et là, magie, après une drôle d’impression de "qu’est-ce qui m’arrive ?..., je vole !", vous voyez votre gros poussin se mettre à battre les ailes, commencer à descendre sans arrêter de battre les ailes, puis se sentir porté et tout à coup reprendre de l’altitude et rejoindre à la seconde d’autres martinets en vol.
Et là, ciao... on ne le reconnaît plus dans la nuée des martinets...

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Brissac et ses martinets noirs : sriiiiii......

Au dessus du village une cinquantaine de martinets noirs emplissent le ciel de leurs SSSRRRRRRIIII....
Nos trois petits les ont rejoints. Regardez les voler. Super !

Un grand merci Marie-Thé pour ce travail toujours très très prenant et souvent dans l’ombre.
Récompensée ? Certes... Surtout que les minutes qui précèdent l’envol définitif sont chargées d’angoisse et d’émotion.

Un grand merci à Catherine la photographe du jour : le martinet est rapide !


N’hésitez pas à abandonner les vers de farine pour le mélange décrit ci dessus : les oiseaux s’y retrouvent très vite mieux, et les humains au moins autant.

Bon été