Vautours sans frontières

Vautours sans frontières

Voici en ce printemps 2013, plusieurs niveaux de réflexions et d’observations croisées, agrandies de rencontres, de voyages, renforcées années après années par ces oiseaux magnifiques.

Ce n’est qu’un début à commencer de comprendre ici en France, en Europe du Sud, dans nos quotidiens d’européens, une petite immense aventure qui ne fait que commencer, que continuer en fait !

Visitez les sites des uns et des autres, divers biologistes et naturalistes qui travaillent auprès des percnoptères, comme celui des Balkans, celui du WWF espagnol, trop joli, celui de Birdlife - LPO France, et bien d’autres encore à découvrir, à créer...
Devenez en curieux, devenez en savants, gourmands, aimants... ce monde est merveilleux et nous en sommes.


Et pour accompagner ces oiseaux, suivez donc les péripéties et les mouvements des jeunes gypaètes barbus (le 4ème de la famille vautour français, le mangeur d’os) entre Alpes et Pyrénées qui passent au dessus de chez nous, attirés par les placettes et les autres oiseaux. Un certain nombre de conférences et animations... sont prévues dans notre secteur pour accompagner les prochains relâchés dans l’Aveyron.


Regards et reportages croisés aux côtés des vautours percnoptères avec comme sous-titres possibles

Conservation d’espèces et d’espaces avec les habitants, tous les habitants.
Ici comme partout, en France aussi.

La biodiversité, la diversité, la complexité, une chance pour l’humanité ?

« Conservation with communities » une idée que l’on peut lire et croiser à peu près partout dans le monde depuis des années.
« Conservation de la nature avec les populations, les communautés », que ce soit en Indonésie, à Madagascar, en Birmanie, au Pakistan, en France, partout. Une évidence pour tous, pour nous déjà.

En effet, à quoi servirait-il de penser protéger la biodiversité de la planète, tenter de sauver une espèce et son espace de vie, sauver la panthère des neiges au Kazakhstan ou Kirghizie, l’ibis chauve au Maroc, le vautour percnoptère ici dans le Sud de la France ou aux Canaries, le vautour moine, l’hirondelle rustique, le crapaud ou le hérisson communs… en voie de disparition annoncée chez nous, sans la participation, l’implication des gens qui vivent avec ? De tous…
La conservation, la protection de la nature ne serait-elle qu’une lubie de pays riche, réservée à seulement une élite dite « évoluée », une communauté d’experts ou d’éveillés nantis, toute petite frange de la population, ou est-elle un enjeu à partager, à développer et enrichir de nous tous ?
Le reste du monde encore pauvre, ne cherchant lui, qu’à accéder, comme nous tous les autres pays riches, à un progrès et un développement qui semblent antinomiques avec la qualité de la biodiversité d’origine, de la beauté du monde, du « paradis sur terre »…

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décharge à Delhi, avec percnoptère - avril 2013

Le progrès constructeur et destructeur qu’on a développé au Nord et su si bien étendre depuis 50 ans serait-il ainsi qu’un mal terrible et nécessaire de l’humain sur la terre, chassé de ce « dit paradis » ?

Les autres pays ne seraient-ils pas aussi au travail, avec d’autres cultures, d’autres modes de faire, sur cette harmonie, cette articulation entre nature et développement humain ? Et cela parfois depuis des centaines d’années, bien avant nous. L’Inde, l’Indonésie, des pays éloignés du monde consumériste, en dehors du temps, de notre temps à nous, avancent aussi.

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Socotra, photo article Quercus

Avons-nous des leçons à donner, et à qui ? Notre marge de progrès est immense ici. Aucune raison que ce qui est « prescrit » aux autres ne s‘appliquerait jamais pour nous.

De la « conservation de la nature avec les communautés » à une réflexion croisée autour de cette biodiversité qui nous veut du bien, les enjeux sont les mêmes, ici comme là-bas.
Avec au travail le comment continuer déjà ici de changer en profondeur nos modes de production et de consommation.
Dans notre intérêt princeps… ne rêvons pas, car nous c’est les autres.

Invitation à des réflexions croisées sur les ailes des vautours percnoptères, bien sympathiques volatiles, dieux anciens, dieux éboueurs aussi, nettoyeurs mutualistes efficaces, jamais mal vus, grands routards des airs, espèce bannière d’un tourisme écologique à venir…

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Socotra, photo article Quercus

NB : Il le vaut bien ce « percno », ne serait-ce qu’avec sa tête de décoiffé toujours photogénique.

Si biodiversité rimait, même et toujours au 21ème siècle, avec progrès et modernité, ici comme partout dans le monde ? Si progrès et développement humains renouaient des liens intimes avec la biodiversité pour un renforcement mutuel et des plaisirs, des connaissances partagés ?

C’est un vrai changement de direction auquel nous œuvrons jour après jour… à commencer chez nous, en France, pays des lumières, des grands scientifiques et humanistes qui ont parfois su, avec d’autres, expliquer le monde.

C’est ici qu’il faut changer la donne et choisir, par nos actes quotidiens, entre cultiver la rareté et la sinistrose du « ça ne va pas être possible d’arrêter le « Mammouth », le « Capital », « l’Argent », vous comprenez... l’égoïsme et l’individualisme forcenés inéluctablement à l’œuvre de la destruction du monde »… ou apprendre ensemble à cultiver l’abondance dans un plaisir renouvelé et partagé d’une complexité extraordinaire à continuer d’explorer.

C’est bien sûr ici qu’il faut commencer, là où l’on vit, pas seulement ou surtout chez les autres :), les éloignés de nos grandes cités, monstres séducteurs de la consommation, pas seulement dans le désert du Thar (où ils y travaillent depuis longtemps - jetez un œil sur les Bishnoïs, écologistes depuis 500 ans... personne nou s a attendu... heureusement ! - vidéo à retrouver Arte reportages), aux îles sous le vent, pas au bout du monde.

Ici, c’est ailleurs déjà. Décollage immédiat : malgré toute l’ambiance et le marché pas toujours très porteurs côté écologie, plein de bonnes nouvelles dans ce temps de crise.
Un regard différent et croisé est cependant recommandé et nécessaire pour avancer ensemble, trouver les leviers plus loin pour faire bouger, car, effectivement on peine toujours à comprendre la complexité du monde… toutes ces interdépendances et ces interactions positives, négatives qui nous font la vie belle ou moins belle…

Si nous ne comprenons pas tout, laissons au moins de bonnes clés, de bonnes bases à nos enfants (en bonne santé
, car il faut aussi s’y essayer…) pour continuer une si belle aventure collective démarrée il y a des millions d’années.

Tous les indicateurs sont désormais passés au rouge pour la planète, plus encore pour les espèces animales migratrices, transnationales par définition.
(cf toutes les récentes inquiétudes qui nous arrivent sur nos boîtes mails européennes de biologistes naturalistes que nous sommes sur ce qui se passe au Soudan au sujet des percnoptères porteurs de balises, en Egypte, en Tunisie, sur les passereaux pris au filet… pour manger et vendre là-bas, etc…. Le monde irait-il si mal… et plus encore chez les pauvres ?)

Comment enrayer cette destruction décrite chez nous... comme inéluctable ?

C’est bien sûr en commençant chez soi, devant sa porte, à chaque instant.

Car l’illettrisme scientifique est de mise, ici comme là-bas, mais bien pire car là-bas, ils n’ont pas, eux, ni le temps, ni les moyens de s’informer…

Nous on consomme, on en ricane, on facebook, on en profite... la vie est courte c’est entendu... l’amour, la belle vie... surtout pour nos affaires à faire !
Ici où nous avons beaucoup et presque tous les outils et le temps (qui est de l’argent !)… tristement, culturellement nous n’en avons aucune envie, frénétiquement stimulés par une consommation pré-mâchée sans limite ou désespérés par la marche des choses, persuadés de l’impossibilité d‘y arriver, drogués au toujours plus, au mythe exacerbé d’une compétitivité merveilleuse, d’un progrès exponentiel... qui en fait rêver beaucoup sur un mode cloné prêt à jouir...

Tristes occidentaux... ou plutôt tristes occidentaux handicapés de la complexité... empêtrés dans leur jus et leurs habitudes rigides qui les rend inadaptés à voler dans un monde multiple... dans ces multivers abordés ces jours par les astrophysiciens.


La biodiversité et la culture de son renforcement, de son enrichissement, de son respect, de sa protection mais pour commencer… de sa curiosité, de son intérêt, de sa connaissance, de sa compréhension, de son émerveillement ont besoin d’être partagées par le plus grand nombre, ici, dans les pays riches et développés, comme bien évidemment plus loin, dans les pays plus reculés et encore parfois oubliés du développement à l’occidentale, à l’écart du monde pour très peu de temps encore...
Mais où les oiseaux migrateurs, les nôtres à certains moments, vont et viennent aussi.

Ici comme plus loin.
Et c’est avant tout et surtout ici que l’on doit faire changer la donne pour… pourquoi pas, une fois avancés, par la suite, chercher à partager avec d’autres, à croiser d’autres expériences afin de :

1/ en premier, sortir de cette sinistrose écologique d’une élite naturaliste, scientifique trop souvent parfois de « bobos » (r)urbains -plutôt pas mal lotis, côté de ceux qui réussissent et « pensent » leurs vies-.

Changer maintenant chez nous, ne serait-ce que pour les jeunes générations qui poussent à nos côtés. Et ceux qui réussissent partent le faire ailleurs hors d’ici, comme si ici il n’y avait plus rien à faire… aucun défi à relever et réussir côté biodiversité… Kerguelen, Mongolie, Kirghizie, Zimbabwe, Antarctique, les îles aléoutiennes, Canada, Réunion, Afrique, Asie, Laos, Birmanie… Out of France.
Notre marge de progrès est pourtant immense ICI pour réussir cette aventure et la recoller à la complexité d’un monde qu’on impacte toujours fortement et allègrement, ici comme plus loin. -le qualificatif « d’allègre » irait bien si la joie collective était au moins de la partie, mais chez nous, c’est plutôt la dépression collective et nos consommations frénétiques de tout et n’importe quoi… qui continuent de détruire ces lambeaux de paradis, éloignés ou proches.

2/ chemin faisant, faire savoir, diffuser, communiquer et continuer de chercher à travailler, d’être curieux des autres, d’échanger avec d’autres pays, d’autres cultures, d’autres manières de faire et de voir, d’autres inventions pertinentes pour que la biodiversité continue d’être une ressource fabuleuse de vie, de santé et de créativité pour l’espèce humaine évoluant sur une planète en ébullition, en mouvement certes depuis quelques millions d’années.

Biodiversité, intimité ou adversité ?

Commencer à faire aimer la « petite » biodiversité qui nous habite et nous permet de vivre en bonne santé pour faire apprécier, la « grande » biodiversité, la plus éloignée de nous, celle dont on aurait pu penser, à première vue s’en passer.
De la « micro » à la « macro » biodiversité, comment s’y retrouver ? Des recherches sur les parasites autres petites bêtes sont en cours.. petites bêtes qui ne nous veulent pas que du mal ! Bien au contraire.

Ma petite spécialité de « docteur des animaux » m’a amenée, chemin faisant, à apprendre, à comprendre, tout du moins à « commercer en proximité » un tout petit peu avec ces langues étrangères animales, que sont les bactéries, virus, parasites, aux insectes, reptiles… oiseaux, mammifères, qui vont des humains, aux herbivores et prédateurs, des d’ici aux étrangers, des exotiques ou migrateurs, visiteurs d’été ou d’hiver, des définitivement éteints aux endémiques insulaires extraordinaires, aux raretés en danger d’extinction ou aux autres qui se mettent à pulluler sans qu’on les ait appelés et qui nous dérangent…

La biodiversité c’est la complexité… c’est surtout l’unité de cet univers merveilleux que l’on habite depuis des millions, des milliards d’années sans en comprendre encore tous les bouts… Bien loin.
L’aventure humaine est extraordinaire, extra-terrestre !

"Le monde entier nous est étranger… il nous faut trouver une paix certaine à sa contemplation"* et aussi une attention accrue à son exploration sensible et sensée.

Continuons le chemin avancé par tous nos prédécesseurs et voisins et trouvons toujours et encore des trésors fabuleux qui émerveillent et éclairent ces routes. Sans angoisse, ni se raconter des histoires obligatoirement désespérantes à chaque fois.

Les points centraux à montrer sont :
Le mutualisme, qui existe à tous les étages de la biodiversité, ici comme partout. Et nous a permis d’en arriver là où nous en sommes…

- Partir de l’échelle de la micro-biodiversité. Sans des liens tissés depuis des millions d’années, ces bactéries étrangères, puis symbiotiques, ne seraient jamais devenues « nos » mitochondries, permettant un rendement énergétique incomparable à nos organismes cellulaires compliqués. Les virus, les parasites… aussi permettent d’agir sur nos évolutions génomiques. De co-évoluer. En fait, l’être humain… comme tous les autres organismes compliqués actuels de la planète n’est rien sans les autres, qu’une mosaïque de beaucoup d’autres !
C’est cette mosaïque de ce multiple qui nous fait tenir debout… et en bonne santé encore aujourd’hui, jusqu’à notre « recyclage » obligatoire.

- Pour arriver à une plus grande biodiversité, la « grande », celle qui fait peur… celle dont on pensait se passer en Europe ou du moins « gérer ».
Celle qui nous fait aussi tenir debout tous ensemble.

Et pour commencer, et retourner à « nos vautours »… aux vers de terre, pensons juste au recyclage naturel des cadavres fait depuis des millions d’années sur terre par un ensemble d’acteurs sous terre et sur terre. Cette organisation de nettoyage et ré-usage, recyclage est là aussi pour nous apprendre un peu de notre humilité d’humain (qui vient du mot humus… qui a donné humanité… de là d’où l’on vient et de là où l’on repartira… oiseaux aidant).

Voyage au pays des vautours percnoptères... Décollage immédiat !